Nord -Marc

Un "parachuté" chez les "ch'tis" : Alphonse de Lamartine

 

Le pont Saint Jean, dans le centre de Bergues

 

J’ai rencontré récemment un couple de jeunes berguois que je connaissais à peine, et, la question me brûlant les lèvres à propos de l’image de Bergues après le film de Dany Boone, ils me répondirent : « on est plus chez nous », tant les visiteurs français et étrangers sont devenus innombrables dans la cité du dunkerquois. Le réalisateur nieppois  a non seulement battu des records d’entrées pour « bienvenue chez les ch’tis », il a aussi permis de faire connaître une petite commune du nord à travers le monde. Une commune qui, d’ailleurs le mérite bien, tant elle est charmante et tant son patrimoine architectural vaut le déplacement.

 

C’est une petite colline boisée surplombant de 22 mètres la plaine imbibée d’eau qui inspire le moine évangélisateur breton WINOC eu VII ème siècle. Il y installe une communauté  sur ce que l’on appelle le « groenberg » (colline verte). Le village prendra ainsi le nom de colline de Saint WINOC, puis « Groenberg » fera place à Bergues.

 

Les « Normands » interviennent ensuite. Venus du nord par la mer, ils s’engouffrent dans les embouchures des fleuves et exécutent des « raids » dans les villages qu’ils rencontrent. Bergues n’échappe pas à la règle. Pour se protéger des envahisseurs, le seigneur fait bâtir des remparts en 882. Deux siècles plus tard une abbaye est construite, à l’origine du développement économique de la cité et les fortifications sont renforcées. La ville devient alors un port et un centre textile important (draperie). Dès 1276 elle possède un marché de laines, puis d’étoffes et de toiles. Tour à tour aux mains des français, des flamands, des bourguignons, des autrichiens et des espagnols, Bergues devient française en 1668 par le traité d’Aix la Chapelle.

 

Vauban va alors donner à la cité l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. Ce que le fameux film ne montre pas, mais était sa vocation ?

 

Dany Boone, aura sans doute sa rue, son école, ou encore son restaurant, bien après sa mort, comme une autre célébrité locale :Alphonse de Lamartine. Car le poète, qui fut aussi homme politique, y a vécu. Sa sœur qui avait épousé le seigneur d’Hondschoote, localité voisine, avait fortement influencé l’auteur - entre autres- du « lac » ou encore des « méditations poétiques » - à se présenter dans la circonscription, aux élections législatives ! Il est battu une première fois en 1831, de peu, et est élu en 1833 pour quatre ans. Il sollicite de nouveau les voix des berguois en 1837 tout en se présentant également à Macon, sa ville natale. Elu dans les deux cas, c’est la Saône et Loire qu’il choisit à la grande déception de ses électeurs !

 

Si vous passez par Bergues, à moins que cela ne soit déjà fait, attardez-vous au musée, sur la place du beffroi, le long des 5000 mètres de fortifications…Voyez le canal du Roy, les charmants petits ponts, intra-muros, qui enjambent les canaux et ne manquez pas la réserve régionale de la petite Becque à Herzeele, non loin de là, site protégé et géré par le conservatoire des sites naturels.

 

On vous renseignera à l’office de tourisme, qui depuis « les ch’tis », a bien de l’ouvrage !



28/05/2009
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