Nord -Marc

EECKE, LA CITE ENGLOUTIE (I)

           Paysage sur la colline de Merckeghem, dernier relief avant la mer.

 

 

 

 

Comme toutes les régions françaises, la nôtre fait l’objet d’une multitude de légendes, parfois tenaces, dont on a souvent bien du mal à détecter l’origine. Quand on en a trouvé un début d’explication, il reste encore à la vérifier. C’est un long travail de recherche et d’analyse de documents, qui, une fois réalisé, permet  d’identifier la source. Nous connaissons tous le dicton populaire « il n’y a pas de fumée sans feu ». Dans les lignes qui suivent je me suis efforcé de remonter à la fumée d’un feu qui couve encore aujourd’hui, plus précisément à Merckeghem, prés de Watten. Là, l’histoire de la cloche d’une église engloutie qui se met à sonner la veille

Que dit cette légende ? La Dictionnaire des communes du Nord indique que « les coteaux escarpés de Merckeghem furent atteints par de grandes inondations aux V ème et VI  ème siècles. A proximité des mottes féodales, les vives constituent les derniers vestiges du marais qui recouvrait jadis la plaine maritime ainsi que des bois de chênes. D’ailleurs, le marais était aussi appelé « Eckhout », du flamand Eck qui signifie chêne.

La légende dit que le village d’Eeck, au pied de la colline, a été englouti au Vème siècle et que l’on entend encore sonner les cloches de son église la veille des grandes catastrophes ».

Dans l’ouvrage ancien « Contes et légendes de la région du nord », les propos précédents sont confirmés. On y précise qu’un bois sur la colline, haute de 61 mètres, porte le nom de « calberg » ( mont du gibet). Indication qui est à rapprocher des corbeaux du blason de l’actuelle commune de Merckeghem. En ce qui concerne la légende du village englouti, il est spécifié « qu’au bas du talus se trouve un étang d’eau noire, dans les vives. Quand doit se produire une catastrophe, des cloches invisibles y sonnent le glas. Là existait une petite ville « Eeck », engloutie par les eaux de la mer venue jusque-là ». On y aurait sondé l’étang en y faisant descendre une corde longue de 300 mètres qui ne toucha jamais le fond. Il s’agissait, semble-t-il de retrouver un taureau tombé dedans !

On trouve par ailleurs, sur Internet, plusieurs références sur le sujet, notamment sur un site encyclopédique : « la motte féodale « Eeckhoutveld », qui appartient à un groupe de trois mottes , se situe en bordure des anciens marécages des wateringues ».

Plus pointues encore sont  les indications fournies dans le livre « Mystères et croyances en Nord Pas de Calais « . Ici un abbé exprime qu’en 1900, à propos du bas des collines, que le sol marécageux, baptisé « vives » montre une végétation luxuriante d’espèces rares. Une motte de 400 mètres de circonférence sur 6 mètres de hauteur a été fouillée dans la seconde moitié du XIX ème siècle. On y trouva des débris de poteries et des ossements, ainsi qu’une étoile de cuivre. A cet endroit aurait existé une cité fondée par des marchands : Eecke. Des disciples de Saint Martin y auraient édifié une église, une des premières dans la région. On exploitait aussi des salines dans les environs. L’abbé Declerck signale également « le retour des flots » qui emporta la cité en une nuit. Selon lui, « des remous de nappes d’eau souterraines agitent encore les cloches englouties, en particulier à la veille de catastrophes », on les aurait

Nous verrons dans l’article suivant, qu’au moins à propos du retour des flots, il n’existe pas de légende, mais bel et bien une réalité !

 

A SUIVRE



27/01/2011
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