Nord -Marc

CENTRALE DE GRAVELINES : LE RISQUE SISMIQUE NUL

Je découvre, comme beaucoup de néophytes sur l’économie japonaise, que ce pays produit en grande partie son électricité à partir de l’énergie nucléaire.

J’en suis sidéré.

Dans les années 80, en France, au quotidien « Le Dauphiné Libéré » j’étais journaliste économique spécialiste de la question énergétique, à ce titre confronté au drame de Tchernobyl. J’étais aussi un habitué des centrales nucléaires de la vallée du Rhône : Tricastin, Cruas…que je visitais régulièrement. J’avais acquis la conviction que, dans ce secteur géographique, la production d’électricité d’origine nucléaire ne posait pas de réels problèmes et cela pour au moins deux raisons : l’absence de risques sismiques et surtout  la surenchère sur les systèmes de sécurité qui engendrait, d’ailleurs, un coût non négligeable du courant électrique nucléaire en France. Jusqu’à présent l’histoire n’a pas démenti ces affirmations des dirigeants du nucléaire français. Même les centrales de la vallée du Rhône sont équipées de systémes anti-sismiques.

Seule la centrale de Creys-malville, dans l’Isère, car il s’agissait d’un surgénérateur refroidi au sodium ( épargnez moi les détails) n’a jamais fonctionné malgré l’énorme investissement qu’elle a représenté. Ces installations inertes furent cependant, à la même époque, victime d’un attentat : un tir de rockets sur l’une des tours de refroidissement ! Il s’agit bien là, en France, du seul risque envisageable, en ce qui concerne nos centrales nucléaires. Il n’est pas négligeable puisqu’il s’est concrétisé au moins une fois !

Encore qu’il fut prouvé que les engins n’auraient pas atteint le cœur du réacteur s’il avait fonctionné. Une piqure de moustique en quelque sorte.

Mais ce qui se passe au Japon me pose problème. On sait depuis des décennies que l’ile du Japon se trouve aux confins de trois plaques tectoniques. On y ressent presque tous les jours des secousses sismiques, moi-même, à l’occasion de deux voyages à Tokyo, j’en ai ressenties, légères certes, mais ressenties.

C’est, avec d’autres régions , l’endroit du monde où les risques sismiques sont les plus forts, comme la Californie, par exemple, sur la faille de San Andréa.

Pourquoi, dans ces conditions a-t-on construit des centrales nucléaires au bord des failles, pourquoi a-t-on négligé les risques élevés comme nulle part ailleurs ?

C’est là un autre débat. Mais je m’étonne que le pays de Nikon, d’Honda,  précurseurs en matière de hautes technologies, en soit arrivé là.

J’ai, depuis vendredi dernier, la plus haute estime envers le  peuple japonais qui subit l’une des catastrophes les plus graves de son histoire. J’ai aussi vis-à-vis de ses gouvernements successifs les plus grands doutes sur leurs capacités à maîtriser leurs besoins et les réponses sur le plan  énergétique. S’il y a un lieu où l’on a construit une maison sur le sable, c’est bien au Japon.

Pour ce qui concerne notre région et plus particulièrement la centrale de Gravelines. On ne peut exclure un tremblement de terre, certes, puisqu'il s'en est produit au moins deux dans un passé lointain, mais très loin en intensité de ceux que connaît le Japon. Quant à un tsounami, peut être s'en est il produit un au IV ème siècle ( voir dans ce blod Eeck, la cité engloutie), mais, là encore la vague n'aurait pu en aucun cas atteindre une hauteur de dix mètres, car nous erions encore aujourd'hui sous les eaux!



15/03/2011
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